* Quel plaisir de vous interviewer, vous êtes une réelle source d'inspirations pour le magazine, pouvez-vous retracer votre parcours pour nos lecteurs ?

Merci. Ça dépend par ou vous voulez commencer...


* Vous êtes un autodidacte qui a toujours refusé le chemin traditionnel de l'enseignement, n'a-t-il pas été difficile de faire valoir et connaître vos idées ?

Je ne suis pas contre l'enseignement technique, je suis contre le fait qu'on impose des règles à la création. Chacun doit avoir la liberté de pouvoir imposer ses propres règles dans la création et de pouvoir penser par sois-même si les choses prennent un sens ou non. C'était un apprentissage un peu plus long par rapport à tout ce qui est technique mais je sens que ça m'a permis de créer mes propres patrons, finissions, construction, etc...


* Vos collections mettent en avant l'uniformité des sexes, d'où vient cette idée de collections unisexes ? Quel est finalement le but à travers le lancement de vos lignes de vêtements ?

Je n'ai jamais compris qui a décidé que la femme doit s'habiller avec d'un certain façon et l'homme d'une autre... Qui a imposé ces codes là et comment on s'est rendu là dans la société d'aujourd'hui ? Mon but est de communiquer ce message et de l'appliquer dans tout ce qui nous entour comme limitation : le genre, l'âge, la nationalité, la religion, etc...


* Vous êtes à la maîtrise de toutes vos créations artistiques "he's all of that in one" (photographies, collections, design...), pourquoi vouloir tout superviser ?

Je crois que j'ai besoin de tous ces moyens pour pouvoir exprimer ma vision. On ne peut pas s'exprimer que avec le vêtement, il faut que tous nos sens soient stimulé pour pouvoir vraiment comprendre un langage universel. Mon univers ne s'arrête pas au vêtement, il est une mode de vie dans laquelle on peut trouver mes images, films, écriture, musique, collections et architecture.


* L'univers de votre marque (la ligne prêt à porter RAD by Rad Hourani et la ligne haute couture RAD HOURANI ) renvoie à une atmosphère "timeless" (de tout temps) et de tout genre, pouvez-vous nous en dire plus sur l'idée de ces deux collections ? Y-a-t-il un lien avec l'architecture ?

Toutes mes formes sont architecturalles. Je ne dessine jamais des silhouettes de mode, mais plutôt des formes graphiques et géométriques qui se développent architecturalement en vêtement ou en meuble ou objet etc. Je crois que l'architecture est une méthode mathématique et logiques dans laquelle le design et la conception peuvent co-exister. Et c'est tout à fait ma démarche depuis 5 ans, toujours plus complexe dans la haute couture et plus simplifié dans le prêt à porter en gardant l'unisexe et l'indémodable comme une première base.


* Le fait de ne pas se conformer aux saisons ni à la distinction des sexes montre une réelle volonté d'innover et un progrès  dans le monde de la mode.
Pourtant, n'est-il pas encore difficile d'aller à son encontre ?

Rien n'est facile dans la vie, il faut se donner à 100% pour pouvoir réussir tous ses projets et je ne fait pas des choses pour être approuvé par l'industrie de la mode ou par personne. Je fais ce qui est logique pour moi avec une intégrité et une vision complète. Je remercie beaucoup toutes les personnes qui ont contribué à construire avec moi un réussite unisexe. Je suis toujours ému quand je vois un de mes clients porter mes créations dans la rue, c'est très touchant.


* La fédération de la Haute Couture a récemment déclaré et reconnu votre ligne de Haute Couture de manière officielle,  quelle a été votre réaction ?

C'est un grand honneur pour moi de devenir "Membre Invité" par La Chambre Syndicale de La Haute Coutre à Paris et j'espère pouvoir apporter quelque chose de nouveau à l'histoire du costume et à la Haute Couture. C'est un grand défi pour moi et j'adore les défis en générale.


* Nous imaginons que vous avez des sources d'influence et d'inspiration comme tout artiste, quelles en sont vos principales ?

Je crois que mon mental est ma première source d'inspiration car je suis ce que je vois, ce que j'entend, ce que je lis, ce que je sens. Je peux être inspiré par un son, un visage, une phrase, un bâtiment ou un plat au restaurant. Mais c'est important pour moi de toujours effacer toutes illusions et de recommencer à zéro. C'est une bonne façon de bien illiminer toute influence pour bien construire un bon avenir remplie de nouveauté.


* Vous avez ouvert votre première galerie unisexe à Paris dans le 3ème arrondissement, pourquoi avoir choisi Paris ? D'ailleurs, quels sont vos ressentis sur la mode Parisienne au jour d'aujourd'hui ?

Ma marque a commencé à Paris en 2007 et j'ai toujours été basé à Paris depuis 2005. C'est la ville ou je passe le plus de temps et c'est logique pour moi d'ouvrir ma première galerie unisexe ici. Les gens ont beaucoup de style à Paris mais je ne suis pas nationaliste car je crois qu'il y a des gens bien habillé et mal habillé partout dans le monde...


* Votre marque Rad Hourani se développe de plus en plus à l'international, avez-vous conservé un lien professionnel avec votre ville et pays d'origine?

Je me suis jamais senti relié à une ville en particulier. Je trouve que c'est une forme de penser assez limité car je me sens à la maison dans n'importe quelle ville ou je peux être dans le monde. Je n'ai jamais eu le besoin de me donner une nationalité ou une frontière dans ma vie. Oui, mes parents habitent à Montréal mais je ne sens pas la nécessité de me limiter à une ville en particulier car on vit sur la planète terre et non dans pays avec des noms fabriqués. C'est ma forme de penser et je suis heureux même de l'appliquer dans mes vêtements car mes collections sont comme nous de nulle part et partout.


* A l'ère d'une nouvelle année, quels sont les projets de Rad Hourani, marque et personnalité internationales ?

De continuer à dessiner des collections, finir mon premier film, préparer mon expo de "5 ANS D'UNISEXE" au centre PHI, faire des nouvelles expositions à ma galerie à Paris et à toujours avoir du plaisir dans tout ça!